Billets du mois : février 2011


Avec plus de deux ans de retard, la fusion entre les deux sociétés qui gèrent le célèbre circuit est officielle

C’est la fin d’une saga de plus de deux ans. L’acte de constitution de la SA Le Circuit de Spa-Francorchamps a enfin été enregistré. Cette SA de droit public est le résultat de la fusion de l’Association intercommunale pour l’exploitation du circuit de Spa-Francorchamps et de la SA Circuit de Spa-Francorchamps, décidée par décret du gouvernement wallon… fin 2008!

Détenue notamment par les villes de Liège et de Verviers, la première était chargée des infrastructures du circuit. Elle a enregistré en 2009 un chiffre d’affaires de 1,782 million d’euros et une perte nette de 828.000 euros. Aux mains, entre autres, de Meusinvest et de l’Intercommunale, la seconde s’occupait de l’exploitation. Elle a enregistré en 2009 des revenus de 5,282 millions d’euros et un bénéfice de 155.000 euros

Dotée d’un capital de 100.000 euros, la nouvelle SA est détenue à 99&flexSpace;% par la Région wallonne via son bras financier, la Sogepa, le solde étant aux mains de Meusinvest. Elle a pour objet “l’organisation et la promotion de tout type d’activités sur le circuit et la gestion, l’entretien, l’amélioration et le développement du circuit afin de favoriser la croissance de l’économie régionale”, lit-on dans son acte de constitution.

“La société ne sera pleinement opérationnelle que lorsque les deux entités auront clôturé leurs comptes et fait approuver ceux-ci par leur assemblée générale respective, ce qui permettra le transfert de leur patrimoine à la nouvelle entité”, précise Jean-Pierre Picquereau, représentant de la Sogepa au sein du comité exécutif.

Si les choses ont à ce point traîné, c’est, officiellement, pour des motifs comptables. Officieusement suite à des querelles politiciennes et de répartition de mandats au sein de la nouvelle entité: “Les intercommunales n’aiment pas disparaître”, susurre un proche du dossier. “On a perdu au moins un an alors que le contrat pour l’organisation du GP de F1 vient à échéance en 2012, déplore le député wallon MR Pierre-Yves Jeholet; or le GP est une vitrine qui dope l’attractivité du circuit, permettant d’augmenter sa fréquentation en dehors des courses.”

Stricto sensu, les deux dossiers ne sont pas liés, le GP étant organisée par une autre société, la SA Spa Grand Prix, détenue elle aussi par la Région. Etienne Davignon qui préside cette dernière ainsi que la nouvelle entité estime toutefois que la fusion rend les choses plus simples: “Dorénavant, la Région wallonne aura une vision plus claire du circuit puisque le propriétaire des infrastructures et son exploitant ne feront plus qu’un, cela lui permettra de se positionner plus aisément lorsqu’il faudra prendre attitude quant au renouvellement du contrat de la F1.”

Une opinion corroborée par Pierre-Alain Thibaut, qui dirigera Le Circuit de Spa-Francorchamps après s’être occupé de la société d’exploitation: “Cela va nous simplifier la vie dans la gestion, notamment lorsqu’il s’agira de décider de travaux d’infrastructures.” Lors de l’effondrement d’un tunnel sous le circuit, les deux entités s’étaient ainsi crêpé le chignon pour des questions d’assurance.

Pour l’heure, le circuit affiche complet de mi-mars à mi-novembre, accueillant une vingtaine de manifestations sportives (GP de F1, 1000 km, 24 Heures…). L’hiver est logiquement plus creux. “Cette période va être mise à profit pour attirer d’avantage d’événements, de congrès, de séminaires et d’incentives”, détaille Pierre-Alain Thibaut.

A noter enfin qu’Etienne Davignon cédera la présidence de la nouvelle société d’ici la fin de l’année à Melchior Wathelet senior: “J’ai l’âge que j’ai, mais comme j’ai poussé à cette fusion, je souhaitais démontrer qu’elle était nécessaire. Je présiderai encore quelques mois la nouvelle société, le temps qu’elle se mette en place. Quant à l’ancien ministre-président wallon, il est non seulement le “régional de l’étape”, mais aussi un passionné de course automobile. Ses qualités de juristes seront bien utiles lorsqu’il s’agira de ferrailler avec l’intransigeant Bernie Ecclestone, grand manitou de la F1…

L’Echo – 23/02/2011